Vaisseau : USS Mississippi
Numéro d´identification : 48
Conteur : Amiral Kliin BROOHN
Début : 2009-02-16
Fin : 2009-03-15
Durée : 4 semaines
Genres : Exploration
Le USS Century était un vaisseau superbe.
Un classe-Constitution, un petit-frère du fameux Enterprise du non moins fameux capitaine Kirk.
Lancé en 2251, il est parti pour une de ces missions de cinq ans dont Starfleet raffolait tant à l’époque.
Et n’est jamais revenu.
Alors forcément, quand on retrouve des débris flottant à la dérive, et que ces débris sont identifiés comme appartenant au Century, le Mississipi est aussitôt envoyé pour enquête…
Assise à son bureau, le Capitaine ROHAN respira un bon coup et ouvrit la communication.
ROHAN – « Amiral Nechayev ! Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue dans notre petit coin de galaxie… »
NECHAYEV [com.] – « Je vous remercie Capitaine. Croyez bien que c’est un honneur. Un honneur, et un plaisir. »
Rohan chercha désespérément une autre politesse à sortir, mais n’y parvint pas… Heureusement, Netchayev n’y parvint pas non plus.
NECHAYEV [com.] – « Pardonnez-moi de passer directement au vif du sujet, mais vous comprendrez que mon temps est précieux. »
ROHAN – « Naturellement, Amirale. »
NECHAYEV [com.] – « Bien. Vous souvenez-vous de ces débris qui ont été rapportés il y a quelques mois par une expédition commerciale Dryad ? »
Rohan fronça les sourcils. Elle se souvenait vaguement avoir lu quelque chose à ce sujet… Des marchands Dryads étaient tombés nez-à-nez sur des débris flottants dans l’espace. Les débris étaient trop gros pour pouvoir tenir dans leur soute, mais ils avaient prélevés quelques échantillons, pour analyse…
Rohan se souvenait que ça avait fait grand bruit, à l’époque, parce que les inscriptions sur les pièces rapportées étaient en alphabet Latin… Mais les médias avaient rapidement classé ça dans la catégorie « canulars » et la nouvelle était retombée aussi vitre qu’elle était montée.
ROHAN – « Eh bien, j’en ai un vague souvenir, mais j’avais des préoccupations plus pressantes à l’époque. »
NECHAYEV [com.] – « Oui, bien sûr, bien sûr… Quoi qu’il en soit, nous avons mené une analyse détaillée des échantillons, et les résultats sont formels : ils proviennent d’un vaisseau de classe Constitution, et d’après les numéros de série, ils proviennent spécifiquement du USS Century, considéré officiellement comme perdu en 2260. »
Les yeux du capitaine s’agrandirent.
ROHAN – « 2260 ?? »
NECHAYEV [com.] – « 2260. Soit il y a 113 ans exactement. »
Rohan examina la question.
ROHAN – « Vous ne pensez tout de même pas qu’il pourrait encore y avoir des survivants ? »
Lèvres pincées de l’amirale.
NECHAYEV [com.] – « Hmm… Sincèrement ? Non. Mais s’il y a quoi que ce soit à récupérer _ données scientifiques, journaux de bords… dépouilles… _ alors nous devons le faire, ne serait-ce que pour honorer la mémoire de l’équipage du Century. »
Rohan approuva.
ROHAN – « Je comprends. »
NECHAYEV [com.] – « Très bien. Alors je vous transmets les coordonnées que nous ont fournies les marchands Dyrads, c’est là que vous trouverez le plus gros débris. Et je vous envoies aussi toutes les données que nous avons pu exhumer des archives au sujet du Century. Il vous faudra trois semaines à vitesse de croisière pour atteindre ces coordonnées, et vous serez hors de portée des relais subspatiaux de la Fédération. »
ROHAN – « Je vous remercie, Amirale. Nous nous mettons en route sur le champ. »
NECHAYEV [com.] – « Alors bonne route, et… Ah, Capitaine… »
ROHAN – « Amirale ? »
NECHAYEV [com.] – « L’équipage du Mississippi a été durement éprouvé, ces derniers temps… J’espère que cette mission sera pour vous l’occasion de prendre un peu de repos et de regonfler le moral des troupes. »
ROHAN – « Je l’espère aussi, amirale. Je l’espère aussi… »
=/\= Trois semaines plus tard… =/\=
Le USS Mississippi arriva aux coordonnées indiquées par les marchands Dryads, là où devaient se trouver les fameux débris… Sur la passerelle, le Capitaine ROHAN se renfonça dans son fauteuil.
ROHAN – « Bien, messieurs dames… A nous de jouer. »
=/\= USS MISSISSIPPI - Passerelle =/\=
Tandis que l’équipe d’exploration évoluait dans le noir, l’enseigne Thomas Highway ne restait pas désœuvré…
Bon, se dit Tom, Rien de concluant sur la trajectoire supposée du Century. S’ils ont été endommagés, ils ont très bien pu chercher à évacuer le vaisseau. Il lança un scan des deux planètes repérées auparavant; d'abord celle de classe M, puis celle de classe L.
Durant l'analyse, il surprit son esprit à vagabonder et repensa à la jolie enseigne Trill du service de cartographie stellaire. Tom, se morigéna-t-il, ce n'est pas franchement le moment de penser à une fille tu es en pleine mission. Et tu t'es engagé à Starfleet pour découvrir l'espace; pas l'âme soeur. Reprends toi bon sang !
Les premiers résultats lui parvinrent à ce moment, lui fournissant une distraction bienvenue.
Ils étaient trop loin pour pouvoir détecter d’éventuels débris, mais…
HIGHWAY – « Ca alors ! »
Les sourcils de Highway se haussèrent. Les deux. Il n’était pas Vulcain, après tout…
=/\= USS CENTURY - Nacelle de distorsion - Salle de contrôle =/\=
Warhammer étudiait les machines…
WARHAMMER – « Il n’y a plus une goutte d’énergie dans tout le vaisseau… Mais la technologie de l’époque fonctionne sur les mêmes principes de base que la nôtre. Je peux bricoler un adaptateur pour y brancher un générateur portatif. »
Kerlord approuva, mais fut appelé à l’autre bout de la pièce.
FRAKES – « Commander ! J’ai trouvé quelque chose. »
Kerlord s’approcha ; l’autre lui montra un petit boitier métallique.
FRAKES – « Un communicateur. On s’en servait avant les combadges. Au cours des missions d’exploration, ou quand es communications internes du vaisseau étaient HS. »
KERLORD – « Ce qui était certainement le cas ici… »
Frakes hocha la tête.
FRAKES – « Mais il y a plus : la dernière communication est toujours dans la mémoire tampon ! »
Kerlord sentit un frisson remonter son épine dorsale.
KERLORD – « Vous pouvez la passer ? »
Frakes hocha à nouveau la tête.
FRAKES – « Juste le temps de régler l’appareil pour qu’il émette sur notre fréquence de groupe, et… »
… et des voix venues d’un autre temps retentirent dans leurs casques.
_ « Passerelle à Kazynskelievitch. Evacuez immédiatement la nacelle. »
_ « Négatif, capitaine. »
_ « C’est un ordre, Commander. Nous pouvons voyager en distorsion avec une seule nacelle. »
_ « Nous n’irons pas très loin ! Il nous faudra les deux si nous voulons rentrer chez nous ! »
_ « Et nous irons encore moins loin si nous perdons notre meilleur ingénieur. Le pylône est trop endommagé, Quasi. Il ne tiendra jamais. »
_ « Pas si j’arrive à stabiliser les champs d’intégrité structurelle ! Je peux le faire, capitaine ! »
_ « Quasi… »
_ « Je peux le faire ! Vous avez ma parole, capitaine, je peux le faire ! »
_ « … … … Soit. Je vous laisse cinq minutes pour stabiliser les champs. »
_ « Merci, capitaine. »
_ « Il vous reste une minute cinquante. Passerelle, terminé. »
Le communicateur se tut.
Kazynskelievitch avait échoué, le pylône s’était brisé et la nacelle avait été éjectée.
Quant au Century, il était sorti du combat peut-être pas intact, mais en suffisamment bon état pour poursuivre sa route en distorsion, sur sa dernière nacelle. Pas étonnant qu’ils n’aient trouvé aucun autre débris…
Dans la salle de contrôle de la nacelle détruite, il ne restait que le silence.
=/\= USS MISSISSIPPI =/\=
Passerelle
Warhammer avait bien fait son travail.
La sonde fila vers l’atmosphère, traversa bravement les turbulences, exécuta un virage rapide autour de la zone, avant d’aller se planter dans un flanc de colline d’où elle pourrait transmettre ses données au Mississipi en toute tranquillité.
FRAKES – « Hum… La transmission est intermittente, je ne reçois qu’une partie des données. La sonde a été programmée pour émettre en boucle, donc on devrait pouvoir les compléter à chaque répétition, mais ça va prendre un peu de temps… »
ROHAN – « Vous avez déjà quelque chose ? »
FRAKES – « Seulement les données sur l’atmosphère. Dans l’ensemble, ça confirme ce qu’on savait déjà, mais la bonne nouvelle c’est que les turbulences ne sont pas si importantes que ça. Avec les boucliers levés, une navette pourra traverser sans problèmes. »
ROHAN – « Bien, c’est déjà ça… Prévenez-moi dès que vous en saurez plus. »
FRAKES – « A vos ordres, capitaine ! »
Rohan se tourna vers l’écran principal, qui affichait un gros plan du runabout du Mississippi, sur le fond nébuleux de la planète.
Sur la passerelle, on sentait un curieux mélange d’enthousiasme et d’anxiété. « Illogique », aurait dit un certain Vulcain, s’il n’avait été en ce moment même à bonne distance de là…
=/\= A BORD DU RUNABOUT =/\=
ROHAN [com.] – « Mississippi à Runabout. Situation, M. Syniak ? »
SYNIAK – « Je suis en position, capitaine. Je tente une communication avec la surface… … … Pas de réponse. J’engage la procédure de mise en série des téléporteurs. »
Quelques instants passèrent, puis :
SYNIAK – « Je charge les protocoles de communications de l’époque dans le processeur du téléporteur. Le téléporteur du runabout a détecté celui du Century. Tentative de synchronisation… Synchronisation terminée. Les deux téléporteurs sont connectés. »
ROHAN [com.] – « Parfait ! Allez-y, lancez l’amplification du signal. »
SYNIAK – « Procédure lancée. »
Le runabout émit son propre faisceau de téléportation à la rencontre de son lointain parent. A eux deux, ils parvinrent à compenser les interférences de l’atmosphère, établissant pour la première fois depuis plus d’un siècle un pont entre la surface et l’orbite de la planète.
SYNIAK– « Signal stabilisé à 99.99999847513 % »
ROHAN [com.] – « Hum ! Je pense qu’on s’en contentera, M. Syniak. »
SYNIAK – « Il semble que ce soit aussi l’avis du téléporteur du Century. Une téléportation a été engagée, un objet est en transit. »
Il fit pivoter son fauteuil pour surveiller la plateforme du téléporteur.
Un objet se rematérialisa.
De forme oblongue, long d’un peu plus de… Malgré tout son self-control, les pupilles du Vulcain s’agrandirent.
SYNIAK – « Télép… ! »
Mais il n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’il se sentit enveloppé dans un cocon d’énergie et de lumière.
=/\= USS MISSISSIPPI =/\=
Passerelle
Le capitaine Rohan sauta hors de son fauteuil.
ROHAN – « Téléportation, énergie !! Ramenez immédiatement le Commander Syniak ! »
Un battement de cœur, puis…
OPERATEUR [com.] – « Impossible, capitaine… Le Commander Syniak n’est plus à bord du Runabout. »
ROHAN – « Plus à bord… ? »
Elle se retourna vers l’écran principal, juste à temps pour voir le frêle esquif exploser dans une boule de lumière aveuglante.
Tandis que chacun regardait, ébahis, les débris du runabout se disperser, les données de la brave petite sonde continuaient à arriver… Peu à peu, la vue aérienne du site prise par les capteurs holographiques de Warhammer se reconstituait.
Un cratère.
En son centre, la « soucoupe » distinctive d’un vaisseau de la Fédération.
Tout autour, des cheminées, des usines, des hauts-fourneaux, des voies ferrées, des baraquements…
Et, dominant le tout, une gigantesque statue d’acier.
Une statue aux oreilles pointues.
=/\= AILLEURS… =/\=
Quand Syniak recouvra ses esprits, il était allongé… et attaché. Le décor ne lui était pas familier, pas plus que la personne qui se tenait à ses côtés.
L’autre leva une main, formant un salut bien distinctif.
VLAREK – « Longue vie, et prospérité. »
=/\= Planète Eumycota=/\=
USS Century
Syniak était toujours dans sa cellule
Pendant les heures qui suivirent, Syniak s’intéressa à l’occupant de l’autre cellule. Il commença par écouter, par essayer de trouver un sens aux chuchotements qu’il surprenait, mais tout cela ne l’éclaira guère.
Finalement, il tenta une autre approche.
SYNIAK – « Oleg ? Oleg Atami ? »
Il y eut un sursaut, un long silence… puis une voix venue d’un autre monde demanda :
ATAMI – « Ca-ca-ca-ca-capit-t-t-t-taine ? »
A ce moment, une explosion résonna au loin. Le vulcain dressa une oreille pointue.
Une deuxième explosion… puis plus rien pendant plusieurs minutes. Enfin le son d’un phaser qui paralysait un garde, et d’une équipe d’exploration qui débarquait à grands pas…
=/\= Planète Eumycota=/\=
Cratère
Récupérer des uniformes locaux ne fut pas particulièrement difficile. Tous les autochtones patrouillaient en groupe, mais contre des phasers en faisceaux larges…
DIHAN – « C’est quoi, ces trucs ? », demanda la Bajoranne en s’équipant.
Elle montra une sorte de boite de conserve prolongée d’un manche en bois de champignon.
Frakes passa son tricorder sur l’objet.
FRAKES – « Explosif simple. Je dirais que c’est une grenade. »
DIHAN – « Ah, bon… A manipuler avec précautions, donc… »
Avec leurs déguisements, et leurs tricorders pour repérer les autres groupes et éviter de passer trop près d’eux, ils arrivèrent facilement jusqu’à la base de l’épave du Century.
Ils se planquèrent à l’angle d’un bâtiment et observèrent…
La coque du Century avait été complètement raclée au moment du crash. Mais on avait construit un mur d’enceinte pour empêcher les indésirables d’entrer…
FRAKES – « Hum… On dirait que toute la base du Century a été murée… La seule entrée, c’est cette espèce de temple, là bas… »
PAHAUT – « Et c’est sans doute bel et bien un temple… Ils ont dû faire du Century un endroit ‘sacré’… »
FRAKES – « Le fait est que l’endroit est bien gardé. On n’arrivera jamais à passer par là. »
DIHAN – « Et si on passait par l’entrée de secours ? »
Les deux autres se tournèrent vers la Conseillère.
FRAKES – « Quelle entrée de secours ? »
DIHAN – « Cette entrée de secours… »
Elle agita sa grenade.
=/\= Planète Eumycota=/\=
USS Century
Une explosion plus tard, les cinq officiers de Starfleet pénétraient l’enceinte du Century. Une deuxième explosion plus tard, l’enceinte se refermait sur eux, empêchant toute poursuite.
DIHAN – « Et maintenant ? »
FRAKES – « Par là ! J’ai un signe de vie Vulcain à proximité. »
Pahaut consulta son propre tricorder.
PAHAUT – « D’après les schémas des classes-Constitution, ça correspond aux cellules de détention… Allons-y ! »
Après quelques minutes au pas de course, ils arrivèrent à l’endroit désigné, paralysèrent le garde à coup de phaser, et pénétrèrent le centre de détention….
=/\= Planète Eumycota=/\=
USS Century – Quartiers de détention
Accompagnés de deux sécumens, Pahaut, Frakes et Dihann pénétrèrent en force dans les quartiers de détention du USS Century.
FRAKES – « Commander ! Ecartez-vous… »
Frakes visa le verrou de la grille de la cellule de Syniak, la faisant rapidement fondre.
DIHANN – « Vous allez bien, commander ? »
Synial acquiesça.
SYNIAK – « Je ne suis pas blessé. »
Pendant ce temps, Pahaut contactai le Mississippi.
PAHAUT – « Equipe d’exploration au Mississippi. Nous avons retrouvé M. Syniak ! 6 à téléporter…
Un blanc… qui s’allongea… puis :
WARHAMMER [com.] : « Err… Nous avons comme un problème… »
PAHAUT - « Warhammmmmerrr…. »
WARHAMMER [com.] - « Vous êtes trop loin de la sonde ! je n’arrive pas à verrouiller sur votre position ! »
PAHAUT - « Donc il faut qu’on s’en rapproche ? »
DIHANN – « Ou qu’on trouve un autre moyen : vu la manière dont on est entrés, toute la population du coin doit encerclé le Century… »
=/\= USS Mississippi =/\=
Passerelle
Depuis plusieurs jours déjà, l’équipage Mississippi monitorait la progression de l’armée de Vlarek à grand renfort de sondes.
D’après ce qu’ils avaient pu voir, la stratégie de Vlarek était extrêmement simple : ou bien les peuplades se soumettaient, ou bien elles étaient éradiquées.
Apparemment, Eumycota n’échappait pas à cette règle universelle : le bouche-à-bouche restait la forme de communication la plus rapide, et la plupart des peuplades se soumettaient dès que les chars d’assaut de Vlarek pointaient à l’horizon.
La plupart, mais pas toutes.
Le capitaine Rohan, l’humeur sombre, regardait l’écran principal où les ruines d’une cité majestueuse achevaient de se consumer.
C’était la civilisation la plus avancée qu’ils avaient détectée jusque là sur Eumycota. Elle était du niveau de la Grèce Antique. Trop fier pour se rendre, elle avait résisté… Et combien de Socrates, d’Aristophanes et de Périclès gisaient désormais sous les cendres ?
Rohan ferma les yeux quelques instants et se massa les tempes, espérant faire fuir sa migraine.
Vlarek avait organisé sa conquête avec une efficacité redoutable, toute Vulcaine : une fois conquis, les adultes étaient recrutés de force à la construction des voies de chemin de fer qui ravitaillaient les troupes, tandis que les enfants qui étaient emmenés de force à la « capitale » _ le cratère du Century. D’abord parce que les parents auraient moins tendance à se révolter s’ils savaient leurs enfants otages, ensuite parce que, correctement endoctrinés, ils formeraient le fer de lance de la prochaine vague d’invasion…
Car tôt ou tard, Vlarek serait forcé » de faire une pause. Il passerait quelques années à consolider ses conquêtes, à former de nouvelles troupes, et lancerait une nouvelle vague d’invasion. C’était exponentiel. Chaque territoire conquis venait renforcer l’armée de Vlarek. Syniak estimait qu’à ce rythme, toute la planète serait entièrement conquise en moins de deux générations.
Mais Vlarek Vivrait-il assez longtemps pour maintenir la cohésion de ses troupes ? Réussirait-il à assurer sa succession ? Ou bien, à sa mort, son armée allait-elle éclater en factions dissidentes, luttant chacune pour le pouvoir ? Et même s’il y parvenait, quelles valeurs laisserait-il derrière lui ? Que la fin justifiait les moyens ? Que l’établissement d’un soi-disant « Âge d’Or » justifiait un massacre de masse ? Et resterait-il encore quelque chose de la culture originelle des habitants d’Eumycota ?
Autant de questions qui restaient sans réponses…
En fait, à bien y réfléchir, il y avait encore une question qui restait sans réponse… Mais qu’est-ce que le docteur Pahaut faisait encore là à trainer sur la passerelle ?!?
Elle se tourna vers lui, elle avait besoin de se changer les esprits.
ROHAN – « Docteur. Si vous êtes là, je suppose que c’est que votre client va mieux ? »
Pahaut détourna lui-aussi les yeux de l’écran et acquiesça.
PAHAUT – « Oui… Ce cher Aleg réagit bien au traitement… La médecine a un peu évolué, en un siècle… Non seulement j’ai pu arrêter la progression de la maladie… Mais j’ai aussi commencé un processus de régénération de son système nerveux… »
Le front de Rohan se plissa.
ROHAN – « Il va retrouver ses souvenirs ? »
PAHAUT – « Pas exactement… Pour simplifier… Disons que sa mémoire est un livre… et que la maladie a arraché des pages de se livre… Je peux empêcher la maladie d’arracher d’autres pages… et remplacer les pages arrachées par des pages blanches… mais je ne peux pas réécrire ce qu’il y avait sur ces pages… »
ROHAN – « Je vois. Et psychologiquement ? »
Pahaut fit la moue.
PAHAUT – « C’est… plus délicat… Mais la Conseillère Dihann s’en occupe… D’après ce que j’ai compris… avoir oublié une bonne partie de son passé… va beaucoup l’aider… »
Le capitaine ne répondit pas, laissant le docteur poursuivre sur son élan. Elle reporta son attention sur l’écran. Oublier… Oui, ça facilitait les choses, c’était certain. Mais eux, ils ne pouvaient pas se le permettre.
PAHAUT – « … comme Azazel. »
Rohan haussa un sourcil.
ROHAN – « Vous disiez ? »
PAHAUT – « Azazel… Dans la mythologie terrienne, Azazel était un ange déchu… Chassé des cieux… Il est arrivé sur la Terre, et a appris aux hommes à forger des armes… Générant guerres et conflits… C’est un peu le cas de notre Vlarek : il est tombé du ciel… et il a appris aux Eumycotes à fabriquer des armes… avant de les lancer dans une guerre planétaire… »
Le capitaine se leva et fit quelques pas vers l’écran, en considérant ce parallèle…
ROHAN – « A ceci près, M. Pahaut… que nous ne sommes pas des anges. »
Elle se tourna vers le poste le navigateur.
ROHAN – « M. Highway ? Calculez une trajectoire de retour. Nous en avons assez vu. »
=/\=
Azazel apprit aux hommes à fabriquer des épées, des armes, des boucliers, des cuirasses. choses enseignées par les anges. Il leur montra les métaux et la manière de les travailler, ainsi que les bracelets, les parures, l'antimoine, le fard des paupières, toutes les sortes de pierres précieuses et les teintures. Il en résulta une grande impiété. Les hommes se débauchèrent, s'égarèrent et se perdirent dans toutes les voies.
Hénoch VIII,1-2.